Traitement par chirurgie et convalescence

Traitement par chirurgie et convalescence

Traitement par chirurgie et convalescence

Vous pensez souffrir du syndrome du canal carpien?

Chirurgie ouverte

i. La chirurgie conventionnelle est une chirurgie à ciel ouvert dont le principe est de faire une incision longue de deux à quatre centimètres, dans la paume de la main. Le but est de sectionner le ligament transverse du carpe pour agrandir le canal. Cependant, cette technique impose de sacrifier et de sectionner certaines structures. La peau, le tissu graisseux sous-cutané qui contient souvent des petites fibres nerveuses et le muscle qui se trouve juste au-dessus du ligament transverse du carpe se retrouvent donc sectionnés pour permettre l’accès au ligament transverse du carpe qui est la cible de la chirurgie.

ii. En effet, toutes ces structures se trouvent au-dessus du ligament à sectionner. Cette technique classique soulage habituellement les symptômes neurologiques mais comporte de nombreux inconvénients. En effet, elle sacrifie inutilement des structures importantes et la période de cicatrisation s’en trouve allongée très considérablement. De plus, les risques d’adhérence et de raideur post-opératoire augmentent. La cicatrice dans la paume de la main peut demeurer hypersensible pendant des mois et peut être inesthétique. Une perte de force est une plainte commune après cette chirurgie. La chirurgie traditionnelle est habituellement réalisée pour une main à la fois pour permettre la libre utilisation de la seconde main pour l’hygiène personnelle. La seconde main est rarement opérable avant un délai de trois à quatre semaines après la première main.

Chirurgie minimalement invasive : Chirurgie endoscopique

Il existe d’autres techniques, plus récentes, sophistiquées, et moins invasives qui permettent de sectionner uniquement le ligament transverse du carpe sans aucune incision dans la paume de la main. La peau, le délicat tissu graisseux sous-cutané et les muscles de la main sont donc laissés intacts et le traumatisme chirurgical est donc très limité.

i. Ceci se fait par une très courte incision au niveau du poignet. Ce petit trou permet d’introduire une petite caméra à haute définition à l’intérieur du canal et de visualiser parfaitement le ligament transverse du carpe. Le ligament est alors sectionné dans le but de l’allonger avec une petite lame rétractable, sous contrôle visuel direct de la caméra.

ii. C’est une intervention très sécuritaire qui permet d’avoir une récupération beaucoup plus rapide, et ce, avec beaucoup moins de douleur, de raideur, en plus de réduire le risque d’avoir une cicatrice douloureuse dans la paume.

iii. Les conséquences de l’intervention sont tellement réduites que cette technique moderne permet même d’opérer les deux mains en même temps. La période de convalescence est quatre fois plus rapide que suite à une chirurgie traditionnelle ouverte.

iv. L’endoscopie du canal carpien a déjà fait ses preuves depuis des décennies et il existe même au moins deux types de chirurgie endoscopique. La plus récente est la technique « uni-portale » qui succède à celle dite « bi-portale ».

La technique endoscopique à une seule incision décrite par le Dr Agee
La plus récente technique de chirurgie endoscopique fait appel à une seule courte incision d’un centimètre au niveau du pli du poignet. Cette technique « uni-portale » a été décrite par le Dr. Agee et porte son nom. Elle requiert un équipement spécialisé. Ses avantages sont : une seule et très courte incision à l’avant-bras et une parfaite visualisation des structures anatomiques. Le poignet reste droit, c’est-à-dire dans une position anatomique, durant toute la durée de l’intervention. Cela réduit donc les risques opératoires (l’extension du poignet utilisée par la technique « bi-portale » décrite plus loin déplace, en effet, le nerf médian).

La technique endoscopique de Chow
L’autre technique de chirurgie endoscopique est dite « bi-portale » car elle requiert deux incisions, soit l’une au poignet et une autre dans la paume de la main. Elle est appelée la technique de « Chow ». Malheureusement, cette technique impose que le poignet soit installé en hyper- extension pendant l’opération, ce qui a tendance à déplacer les structures, et en particulier, déplacer le nerf médian qui vient se coller sur le ligament transverse. Le risque de complications est, selon certains spécialistes, un peu plus élevé qu’avec la technique « uni-portale ».

Convalescence postopératoire et arrêt de travail

i. Lors de la convalescence, il est important de ne pas porter d’orthèse. Il est en effet primordial que le nerf se mobilise et glisse librement dans le poignet immédiatement après la chirurgie. La chirurgie a créé une plaie interne dans le ligament qui va cicatriser. La cicatrisation se fait avec de la fibrose et le nerf pourrait avoir tendance à se prendre dans la cicatrice. Pour éviter cela, il est important de bouger rapidement le poignet et les doigts et donc, de ne pas porter d’orthèse. Moins la technique chirurgicale est invasive, moins il y aura de douleur et d’enflure après la chirurgie et plus il sera confortable pour le ou la patiente de mobiliser son poignet et donc de prévenir les adhérences.

ii. Selon la technique opératoire choisie et le type d’activité professionnelle ou de loisir, la durée de la convalescence varie entre quelques jours, ou quelques semaines, et plusieurs mois.

1. Pour les patients ayant choisi la chirurgie endoscopique, le retour au travail pourra se faire plus rapidement après la chirurgie. Les personnes ayant un travail relativement léger pourront reprendre leur activité professionnelle au bout d’une à deux semaines. Les travailleurs qui effectuent des travaux physiques lourds attendront probablement six semaines de cicatrisation, après une chirurgie endoscopique, avant de pouvoir retourner à leur emploi. Après chirurgie conventionnelle, ce délai se prolonge et peut aisément atteindre trois à six mois par main.

2. Activités de la vie quotidienne et hygiène:
De plus, avec l’approche endoscopique, les patients peuvent conduire, s’habiller, et s’alimenter eux-mêmes immédiatement après la chirurgie, dès que leur main est réveillée. La chirurgie endoscopique épargne complètement la paume de la main, alors que la chirurgie classique ouverte laisse souvent une cicatrice qui demeure hypersensible pendant des semaines, dans une région très exposée de la main.

3. La pratique sportive va être retardée en fonction du type d’activité. Pour le vélo, ou le golf, il faut compter environ trois à quatre semaines. Pour les activités physiques lourdes comme faire des pompes (push-up) ou reprendre un travail physique très lourd, il faut compter plutôt quatre à six semaines après la chirurgie endoscopique et plutôt trois ou six mois après la chirurgie classique.

Résultats et complications possibles

i. Complications possibles

1. L’infection est rare mais peut être causée par le fait que des bactéries traversent la peau, dès qu’il y a eu une incision cutanée. Ces bactéries peuvent proliférer et causer une infection. Le taux d’infection après une chirurgie de ce genre est de moins de 1% et est encore plus bas avec la chirurgie moins invasive qui abime moins les tissus. Les problèmes de cicatrisation sont plus rares avec la chirurgie endoscopique.

2. La lacération nerveuse, c’est à dire la section du nerf médian ou d’une de ses branches, en partie ou en totalité, est une complication rare. Il est fondamental de choisir un chirurgien très expérimenté. Le chirurgien prudent n’hésitera pas à convertir l’approche endoscopique en chirurgie ouverte chez les patients pour qui la chirurgie endoscopique n’est pas possible.

3. Le C.R.P.S. (Complex Regional Pain Syndrome) est un syndrome douloureux complexe qui est localisé dans une région spécifique. Il s’agit d’une réaction amplifiée et disproportionnée du corps à un traumatisme douloureux comme par exemple au traumatisme chirurgical. C’est une complication très rare avec la chirurgie du canal carpien, et encore plus rare avec la chirurgie endoscopique puisque celle-ci est moins délabrant et moins agressive. Il importe que votre spécialiste de la main reconnaisse rapidement tout symptôme de SDRC pour le traiter.

4. La raideur du poignet après la chirurgie est essentiellement liée à la cicatrisation et à la fibrose cicatricielle. Elle est encore très rare avec la chirurgie endoscopique puisque le patient peut bouger immédiatement. La raideur des doigts et du poignet est exceptionnelle. La rééducation est rarement requise après la chirurgie endoscopique du canal carpien. En revanche, plusieurs semaines de rééducation sont souvent prescrites quand la chirurgie est pratiquée de manière conventionnelle.

ii. Récidive et résultats à long terme

1. La chirurgie endoscopique et la chirurgie traditionnelle permettent de décomprimer efficacement le nerf médian dans le canal carpien. Habituellement, les résultats de la chirurgie sont permanents.

2. Cependant, dans un pourcentage limité de cas, les symptômes peuvent réapparaitre quelques années plus tard. C’est ce qu’on appelle une récidive. Elle est souvent liée à une maladie sous-jacente, telle que le tabagisme, l’hypothyroïdie, l’insuffisance rénale ou le diabète. Elle peut aussi être liée à une prise de poids importante ou encore a des adhérences. Les taux de récidive rapportés par les études sont très variables parce que la définition de la récidive varie d’une étude à l’autre. Il est raisonnable de l’estimer entre 5 % et 10 %.

3. Il est possible également, selon la sévérité de l’atteinte du nerf médian, que la récupération et le soulagement après la chirurgie soient incomplets. Il ne s’agit pas dans ce cas d’une récidive puisque le terme « récidive » implique la réapparitio de symptômes résolus. Ceci est plus commun lorsque la compression du nerf médian est présente depuis longtemps ( des mois ou des années).

4. Lorsque des études de conduction nerveuse et un électromyogramme sont répétés après une chirurgie de décompression, il est fréquent d’observer une amélioration de la conductivité nerveuse mais sans normalisation complète. Il ne faut pas s’en inquiéter. Cela ne justifie pas une ré-intervention. L’indication de procéder à une nouvelle chirurgie ne repose que sur l’examen clinique et sur les symptômes rapportés par le patient.

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1. Votre travail ou vos occupations personnelles vous amènent-il à effectuer des gestes manuels répétitifs ? ( Question 1 / 15 )

2. Souffrez-vous d’engourdissements ou de sensations de fourmillements fréquents dans la paume de la main ou dans vos doigts (en particulier au pouce, à l’index et au majeur) ? ( Question 2 / 15 )
3. Ressentez-vous surtout des picotements et des engourdissements au niveau du pouce, de l’index, du majeur et du quatrième doigt plutôt qu’au petit doigt?  ( Question 3 / 15 )
4. Ressentez-vous des engourdissements ou des picotements dans les doigts lorsque vous lisez le journal, conduisez la voiture ou parlez au téléphone?  ( Question 4 / 15
5. Ressentez-vous des engourdissements dans la ou les mains lorsque vous soulevez celles-ci au-dessus de votre tête?  ( Question 5 / 15 )
6. Ressentez-vous souvent une sensation de brûlure dans la paume de votre main ou au niveau des doigts ?  ( Question 6 / 15 )
7. Devez-vous secouer votre main ou vos mains pour tenter de soulager les engourdissements?  ( Question 7 / 15 )
8. Vos doigts vous semblent-ils enflés ou malhabiles, et ce, même si l’enflure n’est pas évidente ?  ( Question 8 / 15 )
9. Les symptômes vous semblent-ils plus forts la nuit ou au réveil ?  ( Question 9 / 15 )
10. Vous êtes-vous déjà réveillé la nuit en ressentant le besoin de secouer votre main pour atténuer les symptômes ?  ( Question 10 / 15 )
11. Est-ce que porter une attelle la nuit allège les symptômes ?  ( Question 11 / 15 )
12. Ressentez-vous de la faiblesse au niveau de la main ou du poignet?  ( Question 12 / 15 )
13. Avez-vous remarqué une gêne ou une maladresse lorsque vous tenez des objets dans votre main ou tentez d’effectuer certains gestes ?  ( Question 13 / 15 )
14. Éprouvez-vous de la difficulté à boutonner vos vêtements ou à manipuler des petits objets?  ( Question 14 / 15 )
15. Avez-vous des symptômes au niveau des deux mains?  ( Question 15 / 15 )

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